Cathobel 04/18/2017

Cathobel – Comme ses prédécesseurs, le pape va commémorer les martyrs d’aujourd’hui

Le pape François se rendra le 22 avril 2017, à la basilique Saint-Bartholomée-en-l’île, à Rome, pour une prière en mémoire des « nouveaux martyrs des XXe et XXIe siècle ». Depuis Jean-Paul II, les papes ont rappelé que l’époque contemporaine était elle aussi marquée par le martyre des chrétiens.


Le pape François se rendra le 22 avril 2017, à la basilique Saint-Bartholomée-en-l’île, à Rome, pour une prière en mémoire des « nouveaux martyrs des XXe et XXIe siècle ». Depuis Jean-Paul II, les papes ont rappelé que l’époque contemporaine était elle aussi marquée par le martyre des chrétiens.

Le 7 mai 2000, troisième dimanche de Pâques, le pape Jean-Paul II avait présidé au Colisée de Rome une cérémonie œcuménique des témoins de la foi du XXe siècle. Le pontife avait alors souligné que les martyrs avaient été très nombreux au cours de ce siècle, « peut-être plus encore que dans les débuts du christianisme ».

Cette affirmation a été reprise par ses deux successeurs. Lors de sa visite à Saint-Bartholomée-en-l’île le 7 avril 2008, Benoît XVI avait affirmé que « ce XXI siècle s’est également ouvert sous le signe du martyre ». Le pape François a quant à lui déclaré le 4 mars 2014, lors de son homélie à Sainte-Marthe, qu’il y avait « davantage de martyrs aujourd’hui qu’aux premiers temps de l’Eglise ».

12.692 martyrs catholiques au XXe siècle

En vue du Jubilé de l’an 2000, le pape Jean-Paul II avait nommé en 1999 une commission chargée d’enquêter sur les martyrs du XXe siècle. Placée sous la coordination d’Andrea Riccardi, fondateur de la communauté Sant’Egidio, cette commission avait recueilli 12.692 dossiers provenant de diocèses du monde entier: 8.670 concernaient des Européens, 1.706 des Asiatiques, 1.111 des personnes de l’ex-URSS (Européens et Asiatiques), 746 des Africains, 333 des Américains et 126 des Océaniens.

Après le Jubilé, le pontife avait voulu que soit perpétuée la mémoire de ces nouveaux martyrs. Comme la commission nommée en 1999 se réunissait dans les locaux de la basilique Saint-Bartholomée-en-l’île, confiée depuis 1993 à la communauté Sant’Egidio, ce lieu a été choisi à cet effet.

En octobre 2002, la basilique Saint-Bartholomée a ainsi été spécialement consacrée à la mémoire des nouveaux martyrs. La cérémonie de dédicace était présidée par le cardinal Camillo Ruini, alors cardinal-vicaire de Rome. Une icône des témoins de la foi du XXe siècle a alors été installée sur l’autel majeur et bénie. Le patriarche orthodoxe roumain Teoctist était également présent à cette cérémonie.

« Œcuménisme du sang »

Les « nouveaux martyrs » dont le souvenir est honoré dans la basilique ne sont en effet pas seulement catholiques romains, mais peuvent être issus des différentes confessions chrétiennes. Y est par exemple conservé le scapulaire de Sofián Boghiu, archimandrite orthodoxe roumain, condamné en 1958 aux travaux forcés par le régime communiste et mort en 2002.

Pour les pontifes et pour l’Eglise, les martyrs sont ainsi ferments des chrétiens de demain, et aussi d’unité entre chrétiens. En 2000, Jean-Paul II notait que la persécution avait frappé presque toutes les Eglises et les communautés ecclésiales du XXe siècle, unissant les chrétiens dans les lieux de souffrance. Pour sa part, le pape François a repris à plusieurs occasions l’expression « d’œcuménisme du sang », exprimant que les martyrs étaient persécutés pour leur foi en Jésus Christ, et non pour leur appartenance à une Eglise particulière.

« L’ennemi ne se trompe pas, il sait bien reconnaître où est Jésus », avait souligné le 12 octobre dernier le Souverain pontife, devant les participants de la Conférence annuelle des ‘Christian World Communions’.

Des reliques de Français

La mémoire des martyrs est organisée à l’intérieur de la basilique Saint-Bartholomée de façon géographique et historique. De nombreuses reliques y sont conservées, comme la Bible de Shahbaz Bhatti, ministre pakistanais des minorités assassiné en 2011, ou le missel de Mgr Romero, archevêque de San Salvador, assassiné en 1980 alors qu’il célébrait la messe et béatifié en 2015.

Une photo du père français André Jarlan, prêtre au Chili assassiné par la police dans son presbytère en 1984, est également exposée dans la basilique, ainsi qu’une lettre du père Christian de Chergé, supérieur des trappistes de Tibhirine (Algérie) tué en 1996 avec six de ses frères. Une sœur du père Jacques Hamel, assassiné en juillet dernier par des islamistes, sera présente lors de cette liturgie de la Parole présidée par le pape.

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Rédaction et cath.ch