Cathobel 04/24/2018

Cathobel – Accueil d’une famille syrienne à Lessines

Suite à la mise en place du couloir humanitaire par Sant’Egidio et à une mobilisation exemplaire de paroissiens, une famille syrienne est accueillie et logée dans un petit appartement du centre-ville de Lessines. Un exemple de solidarité sans faille qui répond à l’appel du pape et des évêques de Belgique.


Depuis un peu plus d’un mois maintenant, Fahd Albshara, son épouse Mariam Kamkam et leur fille Buthaina ont entamé une nouvelle vie en Belgique, plus précisément à Lessines où ils sont hébergés. Si aujourd’hui, ce couple de septuagénaire, accompagné d’un de leurs enfants, semble apaisé, c’est bien l’horreur qui leur a fait fuir leur pays de naissance. L’horreur que personnifie en Syrie l’acronyme Daech.
Ne s’exprimant qu’en arabe, c’est par l’intermédiaire d’un autre Syrien, beaucoup plus jeune, arrivé comme réfugié en Belgique voici trois ans déjà et aujourd’hui bien intégré à Tournai comme traducteur pour Caritas Hainaut, que Fahd Albshara nous raconte sa fuite devant les hordes sauvages de Daech.
« Nous sommes originaires de la petite ville d’Al-Qaryatayn dans le centre de la Syrie, à mi-chemin entre Homs et Palmyre. Quand nous avons appris l’arrivée de Daech à Palmyre et les destructions et massacres qui s’y passaient, nous avons décidé de fuir vers Homs et le Liban. Nous avons été hébergés à Beyrouth chez un de mes fils mais dans des conditions très précaires puisque nous vivions à huit dans la même pièce! C’est de là que nous avons demandé à pouvoir venir en Europe et plus précisément en Belgique », explique Fahd Albshara qui cultivait depuis des décennies fruits et légumes.

Le diocèse de Tournai en pionnier

L’appel du pape François pour l’accueil d’une famille de réfugiés par paroisse et celui, fin 2017, de la Conférence des Evêques de Belgique à se mobiliser pour la même cause via l’opération « Couloir humanitaire », a été reçu 5 sur 5 dans le doyenné de Lessines, ses dix paroisses et ses deux chapelles.
Ce formidable élan de solidarité a permis, autour du doyen Michel Myle lui-même très investi, de ses deux doyens lazaristes (Congrégation de la Mission) et des Filles de la Charité de la Communauté de Saint-Vincent de Paul, de réunir très rapidement les conditions pour l’accueil d’une famille syrienne en état de vulnérabilité. « Avec aussi l’appui des paroissiens bénévoles, nous avons trouvé un appartement au cœur de Lessines et la générosité de tous a permis de l’équiper pour accueillir nos hôtes fragilisés », résume, tout sourire, le Père lazariste Pierre Kungi, un des deux vicaires du doyenné.
« Cette générosité des Hennuyers ne m’étonne absolument pas dans une province qui a accueilli, depuis des décennies, des populations en difficulté qui cherchaient chez nous de meilleures conditions de vie », renchérit Mgr Guy Harpigny, évêque du diocèse de Tournai.
La communauté chrétienne de Lessines a découvert que la famille Albshara était chrétienne. C’est donc avec une grande ferveur que ses trois membres ont pris part à la Semaine Sainte avant d’être invités, le dimanche de Pâques, dans des familles catholiques de l’entité.

Tournai et Mons?

La réactivité du doyenné de Lessines a donc permis à celui-ci d’être, à l’échelle du Hainaut, le premier à recevoir, dans les meilleures conditions possibles, un couple de Syriens via l’opération « Couloir humanitaire ».
Sur le plan administratif, l’Evêché de Tournai a mobilisé également des ressources humaines pour assister techniquement cette famille dans ses démarches de reconnaissance au sein du pays d’accueil.
Ainsi, l’évêque de Tournai peut compter sur l’antenne de Caritas Hainaut qui assure notamment la gestion des fonds « Couloir humanitaire » pour payer les loyers des logements, les besoins de première nécessité, etc. Les budgets, pour les dix réfugiés attendus en Hainaut, ont été calculés sur une durée d’un an, les Syriens pouvant bénéficier, après six mois sur le territoire belge, d’un revenu d’insertion sociale via le CPAS.
Les sept autres Syriens attendus dans le diocèse de Tournai ces prochaines semaines (ou mois) n’ont pas encore de point de chute défini. « Ce sera sans doute à Tournai ou à Mons, des villes qui bénéficient déjà d’un encadrement de proximité pour faciliter notamment les démarches administratives et d’insertion », précise le chanoine Giorgio Tesolin, en charge de l’opération pour le diocèse.

 




Hugo LEBLUD